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Pour bien manger et bien vivre,

il faut avoir une politique agricole

 

Dans une économie mondialisée, certains imaginent que produire sur place son alimentation n'est plus une nécessité pour un pays développé : il suffirait d'échanger pour notre plus grand bénéfice nos services à forte valeur ajoutée contre des matières premières alimentaires à prix avantageux.

Cette conception participe d'une triple erreur : erreur économique, erreur politique, erreur stratégique.

Cette conception est économiquement erronée tout d'abord. Rien ne nous garantit que les cycles économiques seraient ceux d'une croissance perpétuelle. Notre actualité nous montre d'ailleurs le contraire. Nos services seront-ils durablement compétitifs pour nos interlocuteurs commerciaux, pays en développement notamment ? Importerons-nous durablement sans difficultés des matières premières alimentaires à bas prix ? A la place des pays exportateurs, nous ne manquerions pas d'envisager la transformation de ces produits pour gagner en valeur ajoutée !

L'erreur économique devient alors directement une erreur politique : c'est notre indépendance alimentaire qui se jouerait. Dépendant du bon vouloir des pays exportateurs, nous serions aussi à la merci d'un retournement de la diplomatie, ou d'une catastrophe climatique survenant chez nos principaux fournisseurs. Notre pays pourrait ainsi se retrouver en pénurie alimentaire entraînant une disette (la dernière date de la fin de la Deuxième guerre mondiale en ce qui nous concerne) ou d'une hausse des prix conduisant à des réarbitrages du panier de la ménagère en contradiction avec l'évolution, constamment à la baisse, des dépenses d'alimentation. Cette hausse des prix ne manquera d'ailleurs pas de se produire lorsque l'augmentation des coûts de transports liés à l'évolution du prix du pétrole, renchérira les importations de produits volumineux.

L'erreur serait enfin stratégique car en matière alimentaire, dépendre des autres en quantité, c'est aussi dépendre d'eux en qualité, voire en sécurité. Nos fournisseurs pourraient à leur gré faire évoluer nos habitudes alimentaires en contradiction avec nos choix ou notre santé. Certes, le pire n'est jamais sûr, mais l'alimentation pourrait alors être un parfait vecteur du bioterrorisme. On mesure, à l'extrême, les risques liés à la perte d'indépendance alimentaire.

Un pays ayant la volonté de se maintenir dans les rangs des grandes puissances, ne peut donc en aucune façon faire l'impasse sur une politique agricole digne de ce nom. La France le peut d'autant moins que sa filière agricole et agro-alimentaire est puissante, qu'elle exporte, rapporte des devises et que, fortement ancrée dans la typicité de ses terroirs, elle est difficilement délocalisable sur de nombreuses productions (vins et fromages notamment). D'autre part, l'activité agricole contribue à entretenir l'espace, à maintenir les paysages. Elle fournit ainsi à nos concitoyens un cadre de vie agréable, harmonieux, propre à préserver des racines rurales et à faire vivre des cultures régionales variées. Enfin, l'agriculture pérennise le lien entre la société et le monde du vivant.

Cependant, le contexte dans lequel évolue notre agriculture a profondément évolué. Les agriculteurs sont parfois en panne de modèles de développement tant ils sont coincés entre des normes de plus en plus contraignantes et une difficulté de plus en plus pesante pour trouver des marges sur leurs productions. Les consommateurs cherchent des produits de qualité qu'ils voudraient à un prix raisonnable, voire bas. La transformation et la distribution ont modifié la réalité des filières de production et capté l'essentiel des marges. Enfin, les évolutions ont eu des conséquences sur l'environnement, le territoire, le cadre de vie et la relation ville/campagne reste à refonder, en particulier dans les espaces périurbains.

C'est dans ces conditions que se crée l'association Aménager Développer Nourrir en Europe (ADN Europe) qui souhaite contribuer à la réflexion et au débat pour une nouvelle politique agricole et alimentaire.

L'objet de cette association est de permettre l'établissement d'un débat citoyen et ses actions s'articuleront autour de trois axes :

1.Apporter un éclairage complet, à la fois scientifique, économique ou culturel, sur les grands débats qui intéressent l'agriculture et les consommateurs. Chaque question doit être envisagée de façon globale, en étudiant toutes ses implications et ses conséquences, tout en privilégiant une approche simple, honnête et vulgarisatrice, permettant à tous les citoyens d'intervenir dans ces sujets qui les concernent directement.

2.Etablir un lien fort entre la recherche publique et privée française et l'activité agricole. Il s'agit de sensibiliser des agriculteurs aux recherches scientifiques en cours et aux répercussions qu'elles auront dans leurs méthodes de production.

3.Imaginer des projets et des filières agricoles grandes ou petites générant par l'engagement contractuel une juste répartition de la valeur ajoutée pérennisant le maintien de productions de qualité. Ces filières doivent avoir la capacité de bien rémunérer le producteur qui s'engage avec cahiers des charges dans la fabrication de produits de qualité. Ces filières doivent permettre au plus grand nombre de consommateurs d'accéder au meilleur coût à des produits de bonne qualité.

Le public visé comprend à la fois des spécialistes capables de décrypter les implications économiques et écologiques des évolutions en cours, des scientifiques et des chercheurs et enfin, des agriculteurs capables de jouer un rôle de relais d'opinion dans leur département.

Les conférences et les articles auront donc principalement pour objectif de partager des informations pour permettre aux différents membres : agriculteurs, d'être réactifs dans leur métier, spécialistes, d'être plus pertinents dans leurs analyses et scientifiques, de travailler en lien plus étroit avec le terrain.

Une transmission pourra être faite aux élus et aux politiques pour éclairer les choix publics et renforcer la cohérence de l'action politique.


crissé - 79230 Prahecq - 05 49 26 43 83 - fax : 05 49 26 46 21 - email : adneurope@hotmail.fr